En revanche, le document dont le Premier ministre a pris connaissance ce jeudi a le mérite de donner des ordres de grandeur pouvant être comparés avec ceux du Conseil d’orientation des retraites (COR).
Cette année, le « trou » devrait atteindre les 6,6 milliards d’euros avant de passer à 15 milliards d’euros en 2035 et de culminer à 30 milliards d’euros à un horizon 2045. Des chiffres assez proches de ceux du COR, lequel a évalué le déficit à 6,1 milliards d’euros à l’heure actuelle et à 10-15 milliards d’euros pour 2030.
L’impact du report de l’âge légal
Destiné à éclairer les discussion avec les partenaires sociaux, le rapport établit plusieurs simulations. Le passage de l’âge légal de 62 à 64 ans devrait générer 10 milliards d’’euros d’économies en 2030, mais l’effet s’atténuera après 2040 du fait de l‘augmentation de l’espérance de vie des générations concernées.
La descente à un âge intermédiaire de 63 ans alourdirait en revanche le déficit de 4,3 milliards d’euros en 2045, tandis qu’un report à 65 ans ferait gagner 8,4 milliards d’euros à la même échéance.
Des régimes aux situations variables
Du côté des cotisations, le relèvement d’un point génèrerait des rentrées supplémentaires estimées entre 4,8 milliards d’euros et 7,6 milliards d’euros selon la part concernée (patronale ou salariale) et la cible visée (ensemble des salaires ou salaires supérieurs au plafond de la sécurité sociale).
La Cour des comptes anticipe toutefois sur la tentation d’accroître les cotisations en avertissant que cela risquerait d’avoir « des effets négatifs sur l’économie ».
Mettant en exergue quelques données clé, la Cour des comptes rappelle enfin que les dépenses de retraites consomment 13,8% du PIB et que si le système a globalement été à l’équilibre en 2023, tous les régimes ne sont pas logés à la même enseigne.
Tandis qu’elle qualifie de « favorable » la situation des caisses des professions libérales et des avocats, elle juge « précaire » celle du régime général et du régime des salariés agricoles.