Briac et Séverine, commercial et professeure de solfège
Leurs revenus
Salaires (Briac) : 33.696 €
Salaires (Séverine) : 15.912 €
Total : 49.608 €
Leurs dépenses
Dépenses courantes : 39.587 €
Impôt sur le revenu : 1.910 €
Crédit à la consommation : 3.012 €
Total : 44.509 €
Nous conseillons à Briac et Séverine d’acheter leur logement et d’accélérer en Bourse en investissant dans la durée dans nos champions nationaux : LVMH, Air Liquide, L’Oréal…
Après deux années de concubinage, Briac et Séverine, ont décidé de se marier « parce que c’est mieux, si on veut avoir des enfants ». Le Revenu le confirme : le mariage demeure le statut de couple le plus protecteur en cas d’accident de la vie, mais aussi sur le plan fiscal.
Les fiancés se sont rencontrés dans une soirée bordelaise. Diplômé d’une école de commerce avec prépa intégrée, Briac travaille chez un fabricant tonneaux pour l’industrie viticole. Après un parcours d’excellence au Conser-vatoire national supérieur de Paris, Séverine enseigne le solfège, mais son rêve est de devenir cheffe d’orchestre. « Les places sont rares, il faut compter sur une opportunité. Les femmes sont très recherchées en ce moment… »
« Nous avons toujours vu Le Revenu trôner sur la table du salon, expliquent-ils en chœur. Par conséquent, contacter la rédaction alors que nous commençons notre vie patrimoniale, nous a semblé naturel. » Le couple n’a pas d’a priori sur les placements à privilégier ou ceux à éviter. Mais il a conscience que l’État ne pourvoira pas à leurs besoins. « Si nous voulons vivre des vieux jours confortables, nous allons devoir investir avec succès. » Après avoir analysé leurs revenus, dépenses, actifs et dettes, nous avons la certitude qu’ils peuvent acquérir l’indépendance à laquelle ils aspirent, mais des décisions doivent être prises. Vite.
Sans surprise, compte de leur jeune âge (27 et 28 ans), leurs économies ne dépassent pas quelques dizaines de milliers d’euros, placées sur des livrets réglementés, des produits d’épargne logement et salariale automatiquement alimentés par la participation et l’intéressement de Briac aux résultats de son entreprise. Il a aussi ouvert un plan d’épargne en actions (PEA) auprès d’un néobrocker sur lequel il verse 50 euros chaque mois. De son côté, sa femme possède des napoléons 20 francs hérités de sa grand-mère, cachés dans un placard, sous une pile de vêtements, nous allons y revenir…
Préconisation n° 1 : Préférer l’achat de sa résidence principale à la location
Commençons par la première pierre de tout patrimoine en construction : l’immobilier. Nos amis sont locataires d’un joli deux-pièces à Talence, près de Bordeaux. « Nous achèterons dès que nous en aurons les moyens ». Attention toutefois à ne pas trop procrastiner. En CDI, à deux mois de leur mariage civil, ils disposent de la visibilité nécessaire, tant sur le plan professionnel que personnel, pour envisager l’acquisition de leur logement. Comme tous les primo-accédants, ils devront accepter des compromis en termes de surface et de localisation, mais le jeu en vaut largement la chandelle.
Rembourser chaque mois un crédit constitue, en effet, la seule stratégie crédible pour se doter d’un capital significatif. Dans sept ou huit ans, ils revendront et achèteront plus grand. On appelle cela « faire la culbute » ou « s’enrichir en dormant ». Le couple partage notre analyse et s’engage à rechercher un logement après les festivités du mariage religieux.
Préconisation n° 2 : Investir comme les grandes familles d’industriels
Les placements boursiers doivent aussi être optimisés. Investir chaque mois 50 euros dans un ETF monde (fonds indiciel coté peu chargé en frais) représente une opération gagnante dans la durée. Mais il peut faire mieux. Si les ETF donnent d’excellents résultats, ils ne seront jamais aussi rentables que la gestion en direct de titres cotés en Bourse. Nos champions nationaux sont « listés » sur Euronext Paris.
Les mettre en portefeuille est d’une simplicité déconcertante. Il suffit de choisir le nombre de titres que vous souhaitez acquérir et d’indiquer un cours plafond au-delà duquel vous ne voulez plus investir (ordre à cours limité). Ensuite, il n’y a qu’à encaisser les dividendes pour les valeurs qui distribuent des acomptes, comme TotalEnergies ou LVMH. Intéressé par la vie des entreprises, Briac est séduit. Nous l’encourageons à consulter la liste des valeurs sélectionnées par Le Revenu à la fin du journal, souvent contrôlées par de grandes familles d’industriels. Il y découvrira aussi nos fonds d’investissement préférés.
Préconisation n° 3 : Entamer une réflexion sur les napoléons
Dernier dossier à traiter d’urgence : l’or. Le cours du Napoléon 20 francs a progressé de 40 % en un an, dans un contexte de baisse des taux, de grandes incertitudes des deux côtés de l’Atlantique et de dédollarisation des réserves de change qui pousse les banques centrales des pays émergents à acheter du métal jaune. Faut-il se renforcer alors que les cours du métal précieux culminent, en tenant compte de l’inflation, à 20 % au-dessus des précédents records de 1979 et de 2008 ? Ou au contraire doit-elle vendre ses napoléons, à encaisser ses gains ? Le Revenu a toujours été très prudent sur l’or. Le placement brille et fait rêver depuis la nuit des temps, mais ne distribue ni revenu ni dividende.
L’or physique permet de profiter pleinement de l’attribut valeur refuge de la relique barbare, mais pose des problèmes de conservation parfois insolubles. Plus souple, l’or papier vous expose au risque de contrepartie en cas de crise systémique. Autant de raisons qui poussent à limiter sa détention à seulement 5 % de vos placements (10 % en cas d’exposition aux sociétés minières cotées en Bourse).
La fiscalité doit aussi être prise en compte. Si Séverine vend ses napoléons, le professionnel par lequel elle passera prélèvera une taxe de 11,5 % sur le montant total de la transaction, parce qu’elle ne sera pas en mesure de justifier le prix et la date d’acquisition. Il lui revient de décider ce qu’elle souhaite faire de ce bien de famille.
Briac et Séverine remercient chaleureusement Le Revenu pour la qualité de son écoute et de ses conseils, et s’engagent à nous tenir informés des décisions patrimoniales qu’ils prendront à la suite de notre rencontre.