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Après avoir restructuré 24 milliards d'euros de dette en France, le patron d'Altice affronte désormais ses prêteurs américains. Les enjeux dépassent 50 milliards d'euros.
Le milliardaire franco-israélien n’en a pas fini avec ses batailles financières. Quelques semaines seulement après avoir bouclé la restructuration d’Altice France le 1er octobre dernier, Patrick Drahi se retrouve dans une nouvelle confrontation avec les créanciers de sa branche américaine. Une situation qui illustre la fragilité d’un empire bâti sur l’endettement massif.
La première manche s’est jouée en France. En février 2025, Patrick Drahi a conclu un accord avec les principaux fonds d’investissement – BlackRock, Pimco, Fidelity – pour réduire la dette d’Altice France de 24,1 milliards à 15,5 milliards d’euros. Le prix à payer ? La cession de 45% du capital de la maison mère de SFR aux créanciers. Ces derniers ont aussi récupéré 2 milliards d’euros en cash issus de cessions d’actifs.
Patrick Drahi conserve 55% du capital et garde donc le contrôle. Mais cette restructuration n’a pas été de tout repos. Certains créanciers réfractaires ont refusé l’accord à l’amiable, obligeant le groupe à passer par une procédure de sauvegarde accélérée pour imposer les conditions.
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Le répit aura été de courte durée. Début décembre 2025, le fondateur d’Altice a déposé plainte contre les créanciers de son groupe américain de télécommunications. La dette consolidée totale du groupe dépasse désormais 50 milliards d’euros.
Les taux d’intérêt remontent, les revenus stagnent des deux côtés de l’Atlantique, et le service de la dette pèse lourdement sur la trésorerie. Pour rester à flot, Drahi multiplie les ventes d’actifs : BFM et RMC ont été cédés, SFR est en cours de préparation pour une vente potentielle.
Cette guerre d’usure entre le milliardaire et ses prêteurs pose question pour les investisseurs exposés aux obligations Altice. Les créanciers français ont obtenu 45% du capital en échange de l’abandon de 8,6 milliards d’euros de créances. Un pari risqué qui dépend entièrement de la capacité du groupe à se redresser.
La bataille américaine pourrait suivre un scénario similaire. Les fonds d’investissement disposent désormais d’un levier : la menace d’une prise de contrôle s’ils ne sont pas remboursés comme prévu. De son côté, Patrick Drahi joue la montre en multipliant les procédures judiciaires et les restructurations
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