Malgré sa richesse et les services qu’elle rend à notre société, aux investisseurs en particulier, la forêt française est menacée par le changement climatique. Une proposition de loi relative à l’adaptation de la politique forestière, enregistrée le 13 mai auprès de la présidence de l’Assemblée nationale, tire à juste titre la sonnette d’alarme.
Risques d’incendie
Les événements météorologiques extrêmes, comme les fortes chaleurs et les sécheresses, augmentent de fait les risques d’incendie. En parallèle, les insectes ravageurs et autres maladies exotiques progressent. La multiplication des ongulés (chevreuils, cerfs, sangliers) pose aussi des problèmes, car les jeunes pousses sont broutées.
Si la forêt française s’étend, sa superficie ayant progressé de 20 % entre 1985 et 2020, sa qualité se dégrade. Sa capacité de stockage carbone a presque été divisée par trois en une décennie et la mortalité des arbres a doublé en cinq ans, selon l’Institut national de l’information géographique et forestière (IGN).
Le Parlement a voté récemment la loi visant à renforcer la prévention et la lutte contre l’intensification et l’extension du risque d’incendie.
Les forêts constituent une ressource et un écosystème précieux (filtration de l’eau, absorption et stockage du carbone, protection de la biodiversité). Il faut accélérer. « Nous avons dix ans, après il sera sans doute trop tard », insiste Jean-François Soussana, agronome de renom nommé en juin à la présidence du Haut conseil pour le climat (HCC).