L’image de l’entrepreneur prospère a la vie dure. Dans certains discours, le « patron » reste un nanti par principe, soupçonné de s’enrichir sur le dos de ses salariés. La réalité est bien moins belle.
Selon le baromètre « Les vrais revenus des entrepreneurs français », publié le 2 décembre par le cabinet Dougs, 53 % des dirigeants de très petites entreprises ne se versent aucune rémunération.
Ce choix n’est pas toujours subi. Beaucoup privilégient la trésorerie, sécurisent leur activité ou investissent, souvent faute d’accès aux financements bancaires classiques.
Parmi ceux qui parviennent à se rémunérer, la moitié gagne moins de 1 803 euros nets par mois, soit 21 % de moins que le salaire médian français.
Plus frappant encore, les dirigeants qui optent pour un salaire uniquement perçoivent en médiane 1 251 euros nets mensuels, bien en dessous du Smic, qui atteindra 1 443 euros nets au 1er janvier 2026.
Les écarts de revenus reflètent avant tout des réalités économiques : maturité de l’entreprise, capacité à dégager des marges, choix entre salaire régulier ou dividendes aléatoires.
Loin des caricatures, l’entrepreneuriat demeure un exercice d’endurance, où le risque précède souvent la rémunération.