Ce lundi, Terra Nova a relancé une proposition explosive : augmenter la TVA pour stabiliser la dette publique, en visant un effort annuel de 100 à 120 milliards d’euros, combiné à des économies sur les retraites et les dépenses. Sur le papier, l’addition est simple. Dans la réalité, elle est lourde de conséquences.
Car la TVA est l’impôt le plus discret… et le plus injuste. Elle frappe tout le monde, mais pèse d’abord sur ceux qui consacrent l’essentiel de leurs revenus à consommer. Sous couvert d’« effort collectif », le risque est clair : faire porter l’ajustement budgétaire sur les classes moyennes, sans jamais s’attaquer frontalement aux vraies rigidités de la dépense publique.
Certes, la dette impose des choix. Mais choisir la TVA, c’est avant tout choisir la facilité politique. On augmente un impôt quasi indolore à court terme, sans engager les réformes profondes de l’État, de son efficacité, de ses priorités.
À force d’éviter le cœur du problème, on entretient l’illusion qu’un relèvement d’impôt suffira. Or aucune TVA, aussi élevée soit-elle, ne remplacera une stratégie claire de croissance, de compétitivité et de maîtrise durable des finances publiques.