Vous rêvez d’une maison atypique, innovante et fonctionnelle, façonnée à votre image où tout a été pensé dans les moindres détails ? En confiant votre projet de maison à un architecte, vous payez pour des idées, un style, une vision. « Nous menons une réflexion globale. Nous ne nous arrêtons pas à la construction et à ses caractéristiques en termes de surface ou de nombre de pièces. Nous cherchons à concevoir une maison adaptée aux habitudes de vie du client pour améliorer son bien-être au quotidien », indique Karine Hamelin, architecte basé à Saint-Jean-de-Monts (Vendée). Ce que vous devez savoir avant de construire une maison d’architecte.
Surcote de 10% à la revente
« Nous prenons en compte les particularités du site. Nous menons également une réflexion sur les vues et les perspectives. Il est important de créer un lien entre l’intérieur et l’extérieur, que ce soit avec le jardin ou la ville. Pour cela, nous travaillons sur l’orientation et les ouvertures. Nous réfléchissons aussi aux usages de ses futurs occupants. La maison doit accompagner l’habitant depuis l’espace public jusqu’aux pièces les plus intimes », précise Karine Hamelin. Étant donné leurs spécificités, les maisons d’architecte offrent un meilleur confort de vie. À la revente, elles se démarquent aussi de la concurrence en provoquant souvent un effet « coup de cœur » qui permet une surcote de l’ordre de 10% par rapport à un bien lambda de même dimension et standing.
Rémunération au forfait ou au pourcentage
Bien sûr, les maisons d’architectes sont parfois plus coûteuses que les maisons de constructeurs. Cela s’explique par le fait qu’au coût des matériaux et de la main-d’œuvre, il faut ajouter les honoraires de l’architecte, qui représentent entre 8 et 15% du coût TTC total prévisionnel de la construction. « Nous proposons au client des solutions qui lui permettent de respecter son budget », insiste Karine Hamelin. Deux modes de rémunération sont possibles : au forfait ou au pourcentage des travaux, avec parfois un mixte. Le forfait est plus sécurisant. Les contrats prévoient généralement le versement d’acomptes échelonnés, en fonction de l’avancée du projet. L’architecte commençant à travailler bien avant le début de la construction, les premiers versements sont bien antérieurs au premier coup de pioche. Sa prestation achevée, il procède à un arrêté des comptes qui lui permet de réclamer le paiement du solde, après déduction des provisions et acomptes versés. Le prix d’une maison d’architecte varie selon la superficie, la qualité des matériaux utilisée, la complexité du design, les contraintes techniques liées au terrain, etc. En moyenne, comptez entre 2.000 et plus de 3.500 euros par mètre carré, hors honoraires de l’architecte et coût du terrain. Plusieurs aides financières peuvent alléger le coût de la construction, notamment le PTZ, réservé aux primo-accédants, et les aides des collectivités locales. Prévoyez entre un et cinq ans pour la réalisation complète du projet, des premières esquisses à la livraison. « La durée de chantier est surtout liée à la superficie de la maison. Certaines spécificités techniques peuvent toutefois rallonger la durée du chantier », explique Karine Hamelin.
Deux esquisses différentes
L’un des principaux avantages de faire appel à un architecte est la liberté de conception. Un architecte peut créer un design sur mesure qui répond parfaitement à vos besoins et à vos goûts. Vous avez la possibilité de personnaliser chaque aspect de votre maison, des matériaux utilisés à l’agencement des pièces. « En dehors des contraintes techniques liées au terrain, du règlement d’urbanisme, des normes de construction et du budget, les possibilités de personnalisation sont importantes pour le client. Nous réalisons des esquisses, que nous présentons aux clients, en leur expliquant nos différents choix et leurs avantages. Nous leur présentons parfois deux esquisses différentes, en leur exposant les avantages et inconvénients des deux versions, afin de leur permettre de prendre part à leur projet », précise l’architecte vendéenne. Le maître d’ouvrage dispose d’un bon contrôle de son budget car il a entre les mains les devis des différentes entreprises intervenant sur le chantier et a la possibilité de choisir les artisans lui convenant le mieux. Généralement, il n’a pas ce détail et cette liberté en passant par un constructeur.
Mission globale ou pas
« Le contrat type recommandé est le contrat de maîtrise d’œuvre, basé sur les missions standard de l’Ordre des architectes. Il peut être proposé en mission complète ou partielle. Il définit les missions exactes confiées, les honoraires (forfait ou pourcentage), les modalités de règlement et les assurances. Ce contrat protège à la fois le maître d’ouvrage et l’architecte », indique Karine Hamelin. Le client peut ne confier à l’architecte qu’une mission de faisabilité. Dans ce cas de figure, l’architecte se charge de réaliser une esquisse du projet, avec une estimation chiffrée. Si le client souhaite aller plus loin, il peut le missionner pour le permis de construire. « Si le client nous confie l’intégralité de son projet, une fois le permis de construire déposé, nous recherchons les entreprises qui interviendront sur le chantier, ou contactons les artisans que le client souhaite faire travailler. » En fonction de la mission choisie par le client, le niveau d’implication de l’architecte n’est pas le même. Les clients souhaitant bénéficier d’une tranquillité d’esprit et n’avoir rien à gérer ont tout intérêt à opter pour une mission globale. Ils pourront néanmoins s’impliquer dans le choix des matériaux s’ils le souhaitent. Si le client confie à l’architecte une mission globale, c’est un contrat de maîtrise d’œuvre qui est généralement signé. Des contrats séparés sont la plupart du temps signés avec chaque artisan intervenant sur le chantier. « Les architectes veillent à ce que les différentes entreprises respectent les normes en vigueur et disposent des assurances requises. »
À chacun son style
Il existe de nombreux types de maisons d’architectes : habitation contemporaine, traditionnelle… C’est la demande du maître d’ouvrage et les règles d’urbanisme qui imposent certains types d’architecture. La construction d’une maison nécessite l’obtention de plusieurs autorisations d’urbanisme. Si le permis de construire est refusé en raison d’une violation de ces règles, l’architecte peut en être tenu responsable. « L’architecte doit s’assurer que les réglementations d’urbanisme sont bien respectées, notamment si le terrain est situé dans un secteur protégé ou sauvegardé », confirme Me Guillaume Lacaze, avocat intervenant en Vendée et les départements limitrophes.
La maison d’architecte, c’est plus une réflexion qu’un style architectural. Certains architectes sont spécialisés dans des constructions futuristes, d’autres dans la rénovation de monuments de caractère, d’autres encore dans l’aménagement de petites surfaces. À vous de trouver chaussure à vos pieds. Quels que soient vos aspirations et votre budget, les aspects juridiques de votre projet ne doivent pas être négligés. Si l’architecte à qui vous avez confié la construction de votre maison est placé en liquidation judiciaire, il n’est plus maître de son entreprise. C’est un liquidateur judiciaire qui prend le relais.
Les recours en cas de faillite
En cas de défaillance, le client est protégé dans la mesure où l’architecte a obligatoirement souscrit des assurances, qui prennent alors le relais. Si la faillite de l’architecte avec lequel le client a signé un contrat de maîtrise d’ouvrage intervient pendant la partie opérationnelle, c’est-à-dire en cours de chantier, le client dispose de recours juridiques par lequel il peut espérer faire appliquer le contrat et demander des indemnités. Ces recours peuvent permettre de missionner un autre maître d’œuvre pour qu’il continue les travaux, potentiellement aux frais du précédent architecte ou de son assureur. En cas de faillite du premier architecte, l’architecte ou maître d’œuvre missionné pour reprendre le chantier va reprendre des plans et des calculs réalisés par l’architecte défaillant. Il dispose d’un devoir de vérification. S’il se fie aux calculs réalisés par l’ancien architecte et que ces calculs sont faux, il engage sa responsabilité.