MaPrimeRénov’: le dépôt de dossier à nouveau possible 

Partager

Depuis le 30 septembre, ceux qui le souhaitent peuvent déposer un dossier MaPrimeRénov’ rénovation d’ampleur pour la rénovation énergétique de leur habitation. De nouvelles règles ont mises en place pour éviter les abus.

Par Xavier Thomann
Publié le 01/10/2025 à 16h24

MaPrimeRénov’: le dépôt de dossier à nouveau possible 
(©AdobeStock)

La plateforme MaPrimeRénov’ dédiée aux rénovations d’ampleur a rouvert le 30 septembre, après avoir été suspendue fin juin.

Cette réouverture s’accompagne de nouvelles règles : l’accès est d’abord réservé aux ménages très modestes, et le nombre de dossiers acceptés est strictement plafonné à 13 000 jusqu’à la fin de l’année. L’enveloppe budgétaire prévue par l’État demeure néanmoins de 3,4 milliards d’euros.

Attention, ces nouvelles règles ne s’appliquent pas aux rénovations ciblées.

Le taux de subvention accordé aux bénéficiaires est désormais fixé à 45 % pour les ménages aux ressources intermédiaires, et à 10 % pour les ménages aux ressources supérieures, indépendamment du nombre de classes de performance énergétique gagnées sur le Diagnostic de performance énergétique (DPE). Pour rappel, le DPE est un document qui mesure la consommation d’énergie d’un logement, le classant de A (très performant) à G (très peu performant).

Par ailleurs, pour prétendre à cette aide, le logement doit figurer parmi les plus énergivores (étiquettes E, F ou G du DPE).

Les plafonds de dépenses éligibles sont également revus à la baisse : 30 000 € pour un gain de deux classes DPE, 40 000 € pour trois classes ou plus, contre 70 000 € auparavant. Ces nouvelles modalités sont inscrites dans le décret n° 2025-956 et deux arrêtés du 8 septembre 2025, publiés au Journal officiel. Le bonus de subvention de 10% est quant à lui supprimé.

Les rénovations ambitieuses pénalisées ?

Plusieurs critiques peuvent être faites à cette évolution de MaPrimeRénov’.

Là où l’ancien dispositif récompensait les gains de performance (le “gain en classes DPE”) en appliquant un taux plus élevé pour des rénovations ambitieuses, la nouvelle version fixe un taux uniforme selon les catégories de revenus. Cela pourrait avoir pour effet de décourager les projets de rénovation globale de haute performance, surtout pour les classes intermédiaires ou supérieures.

Ensuite, la suppression progressive de certains gestes rénovateurs (isolation de façade, chaudière biomasse) transforme la portée technique du dispositif : certains travaux jugés « incontournables » dans la transition énergétique vont être exclus pour les projets plus modestes.

Pourquoi ces changements ?

La lutte contre la fraude constitue un motif central de cette refonte. En effet, l’Agence nationale de l’habitat (ANAH) a détecté 44 172 dossiers frauduleux en 2024, représentant 230 millions d’euros de pertes évitées. Les mécanismes de fraude se sont sophistiqués, incluant l’usurpation d’identité, la création de devis fictifs et l’utilisation de sociétés éphémères.

Cette criminalité organisée autour des aides publiques a conduit à un renforcement drastique des contrôles, expliquant en partie les délais d’instruction allongés et la suspension temporaire du dispositif.

Articles réservés aux abonnés