Ras-le-bol fiscal : des impôts jugés étouffants par les Français

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Entre pression fiscale élevée et confiance en baisse dans l’État, le nouveau baromètre du CPO confirme un ras-le-bol qui touche de plein fouet les ménages les plus imposés.

Par Le Revenu
Publié le 28/11/2025 à 12h23
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Ras-le-bol fiscal : des impôts jugés étouffants par les Français
(©AdobeStock)

Selon la troisième édition du baromètre des prélèvements fiscaux et sociaux, près de huit Français sur dix considèrent que le niveau global des impôts et cotisations reste trop élevé, une proportion stable mais déjà très haute depuis 2021. Même lorsqu’ils parlent de leur propre situation, une solide majorité juge sa facture fiscale trop lourde, en particulier parmi les foyers aux revenus moyens et supérieurs.

Pour des lecteurs aisés, ce ressenti s’ajoute à une impression de cumul des prélèvements : impôt sur le revenu, contributions sociales, fiscalité du capital, taxe foncière et droits de succession nourrissent le sentiment d’un système qui prélève partout, tout le temps. Le baromètre confirme que plus le niveau de revenu augmente, plus l’acceptation de l’impôt personnel se dégrade, même si le consentement au principe même de l’impôt reste majoritairement admis.

Confiance en berne dans l’État et usage des fonds publics

L’autre enseignement fort de cette édition est la chute marquée de la confiance accordée à l’État dans sa capacité à bien utiliser l’argent public, avec une baisse d’une dizaine de points en deux ans seulement. Les Français continuent à percevoir le paiement de l’impôt comme un geste citoyen, mais se montrent de plus en plus sceptiques sur l’efficacité et la qualité des dépenses financées.

Cette défiance est particulièrement sensible chez les contribuables les plus imposés, qui ont le sentiment de contribuer massivement sans voir d’amélioration proportionnée des services publics, ni de trajectoire crédible sur la dette ou les déficits.

Dans le baromètre, beaucoup estiment qu’il serait possible d’améliorer les services sans augmenter les prélèvements, voire en les réduisant, ce qui traduit une demande forte de réformes structurelles plutôt que de nouveaux impôts.

Patrimoine, succession et arbitrages des ménages aisés

Sur les prélèvements pesant sur le patrimoine, les opinions apparaissent très clivées : une majorité juge les droits de mutation trop élevés, mais une minorité significative les considère au contraire insuffisants, reflet d’un débat récurrent sur la taxation des transmissions et des plus hauts patrimoines. Pour les lecteurs de patrimoine, cette tension nourrit la crainte d’un durcissement futur, alors même que la fiscalité du capital et de l’immobilier est déjà perçue comme complexe et instable.

Dans ce contexte, les ménages aisés renforcent leurs arbitrages : optimisation de l’enveloppe fiscale (PEA, assurance vie, PER), recherche de supports offrant un couple rendement / fiscalité plus favorable, et réflexion accrue sur la transmission (donations, démembrement, stratégies immobilières ou assurantielles). Le baromètre montre par ailleurs que la complexité du système reste largement dénoncée, même si le pré-remplissage de la déclaration de revenus est vu comme un progrès qui simplifie au moins une partie du parcours du contribuable.

Les réflexes à adopter face au ras-le-bol fiscal

  • Faire le point sur son taux marginal d’imposition et sur la part de revenus réellement logée dans des enveloppes fiscalement avantageuses (PEA, assurance vie, PER, capitalisation).
  • Répartir ses investissements entre revenus fonciers, dividendes, plus-values et produits capitalisés, afin de lisser la charge fiscale dans le temps plutôt que de l’encaisser uniquement en revenus imposables chaque année.
  • Anticiper la transmission via des donations régulières, le démembrement de propriété ou les clauses bénéficiaires d’assurance vie pour réduire l’impact des droits de succession sur les héritiers.
  • Vérifier chaque année si la situation justifie de recourir à un conseil spécialisé (avocat fiscaliste, notaire, conseiller en gestion de patrimoine) afin d’identifier des marges d’optimisation sans sortir du cadre légal.

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