Alors que l’examen du budget de l’État pour 2026 se déroule dans un contexte politique tendu, les mesures phares du projet de loi de finances (PLF) 2026 reviennent au cœur des débats à l’Assemblée nationale.
Entre nouvelles taxes, ajustements fiscaux et tensions autour de l’adoption du texte, voici ce qu’il faut retenir pour les particuliers, les entreprises et l’économie française.
Contributions, fiscalité : du changement pour les ménages et les entreprises
Le projet de budget prévoit plusieurs mesures fiscales importantes, certaines déjà confirmées par les travaux parlementaires et d’autres encore en discussion :
• Contribution des hauts revenus (CDHR) : la contribution différentielle sur les très hauts revenus, instaurée en 2025, devrait être prolongée en 2026. Elle fixe un taux minimum d’imposition de 20 % pour les foyers les plus aisés, générant environ 1,5 milliard d’euros de recettes supplémentaires selon le rapporteur général du budget.
• Taxation des holdings : une nouvelle taxe visant les holdings patrimoniales était prévue pour limiter certaines stratégies d’optimisation fiscale. Si son rendement a été fortement réduit à l’examen au Sénat, les députés ont même supprimé cette taxe en commission, faute d’accord.
• Barème de l’impôt sur le revenu : le budget initial proposait de ne pas revaloriser les tranches du barème d’impôt en fonction de l’inflation, ce qui aurait mécaniquement augmenté la pression fiscale de nombreux ménages. Les députés s’y opposent toutefois et étudient une revalorisation d’environ 1,1 %, alignée sur l’inflation pour éviter des hausses d’impôt non voulues.
• Surtaxe sur les grandes entreprises : le texte prévoit de reconduire la surtaxe sur les bénéfices des grandes entreprises, l’un des points les plus débattus du PLF, avec un rendement attendu de plusieurs milliards d’euros bien que réduit par rapport à la version initiale.
Retraites et niches fiscales : un nouveau cadre
Le budget de l’État pour 2026 est également l’occasion de revisiter certains avantages fiscaux :
• Abattement fiscal sur les retraites : l’abattement proportionnel de 10 % sur les pensions de retraite est remplacé par un abattement forfaitaire de 2 000 € pour une personne seule et 4 000 € pour un couple, visant à mieux cibler les bénéficiaires modestes sans exonérer les retraités plus aisés.
• Suppression ou révision de niches fiscales : parmi les près de 474 niches recensées, le PLF propose de supprimer environ 5 % des dispositifs jugés obsolètes ou inefficaces. Ces suppressions visent notamment des avantages pour la formation de dirigeants, certaines exonérations liées à des distinctions honorifiques ou des déductions d’IR spécifiques.
Recettes et contexte budgétaire
Le Gouvernement vise à réduire le déficit public à 4,7 % du PIB en 2026, contre 5,4 % en 2025, dans un contexte de maîtrise des dépenses et d’ajustements fiscaux. Parmi les recettes nouvelles et mesures envisagées figurent aussi une taxe nationale sur les colis de faible valeur importés, et la reconduction d’une surtaxe sur l’impôt sur les sociétés d’environ 4 milliards d’euros.
Cependant, l’adoption du budget dans les délais est incertaine. Le texte a été rejeté massivement par l’Assemblée nationale lors de sa première lecture, ce qui l’a renvoyé au Sénat ; les deux chambres n’ont pas réussi à s’entendre avant la fin de l’année. Pour éviter le blocage des finances publiques au 1er janvier 2026, le Gouvernement envisage le recours à une loi spéciale, permettant de maintenir la perception des impôts et d’assurer un financement minimum des services publics en attendant l’adoption d’un budget complet.
Budget de la Sécurité sociale déjà adopté
Parallèlement, l’Assemblée nationale a déjà adopté la loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2026, qui gère les dépenses et recettes sociales (pensions, santé, prestations), ce qui constitue une étape importante même si le budget global de l’État manque encore de validation définitive.