Michael Burry n’est pas n’importe qui. Célèbre pour avoir anticipé la crise des subprimes en 2008, il s’attaque aujourd’hui à la bulle de l’intelligence artificielle. Son anticipation de la crise des subprimes, à contre-courant de l’immense majorité des investisseurs, a constitué le cœur de l’intrigue du film The Big Short (2015), dans lequel il était incarné par l’acteur Christian Bale.
Son fonds, Scion Asset Management, a récemment déclaré avoir investi plus d’un milliard de dollars sur la chute des géants technologiques Nvidia et Palantir via des options de vente (« put options »), soit 187,6 millions sur Nvidia et 912 millions sur Palantir selon ses dernières déclarations réglementaires.
Pour Burry, l’engouement effréné autour de l’IA, alimenté par des méga-deals et des investissements records, rappelle les excès de la bulle Internet. Il pointe notamment la croissance des dépenses d’investissement et le « financement circulaire » entre grandes entreprises tech, qui gonflerait artificiellement la demande.
Les enjeux selon les analystes boursiers
L’analyse de Burry met en avant une situation où la valorisation des entreprises liées à l’IA s’est envolée, portée davantage par la spéculation et la peur de louper le coche que par des fondamentaux solides.
En effet, les chiffres sont impressionnants : 73,1 milliards de dollars levés par les startups IA au premier trimestre 2025, soit 57,9% du total du capital-risque mondial. Mais un récent rapport du MIT révèle que 95% des projets d’IA générative échouent à créer de la valeur réelle, accentuant le risque d’un repli brutal sur les marchés.
Les dangers sont bien connus : survalorisation, concentration excessive autour de quelques titres vedettes du Nasdaq, et une course aux investissements qui pourrait masquer une rentabilité trop faible et des perspectives incertaines.
Conséquences pour les entreprises et les investisseurs
L’analyse de Michael Burry oblige les géants du secteur à se justifier. Donald Trump, interrogé, affirme « ne pas être inquiet » et continue de croire en l’utilité de l’IA.
Toutefois, si la bulle venait à éclater, Nvidia et Palantir, parmi les mieux valorisées, pourraient subir une correction violente, entraînant un repli des indices et un assèchement du capital pour les startups.