L’agence S&P Global a retiré vendredi à la France son double A, abaissant la note du pays de AA- à A+. Elle invoque une dette publique appelée à grimper de 112% du PIB en 2024 à 121% en 2028 et des déficits persistants, estimés à 5,4% en 2025 selon les prévisions gouvernementales.
Cette décision survient alors que l’exécutif présente au Parlement son budget 2026, censé ramener le déficit à 4,7% du PIB. L’agence salue la solidité de l’économie française, mais juge les incertitudes politiques trop fortes dans un contexte pré-électoral jusqu’en 2027.
Dans le sillage de cette annonce, les marchés ont peu réagi : le CAC 40 a temporairement reculé avant de se stabiliser, tandis que le rendement de l’OAT à 10 ans est resté proche de 3,9%, preuve que la France conserve un accès aisé au financement.
Maîtriser l’endettement public
Les milieux financiers estiment toutefois que cette dégradation pourrait fragiliser la confiance internationale à moyen terme.
Les investisseurs redoutent surtout un durcissement des conditions d’emprunt pour les grandes entreprises et les banques françaises, corrélées à la note souveraine.
Pour les analystes de marché français, cette sanction rappelle le coût d’un endettement public peu maîtrisé. La France devra concilier maîtrise des dépenses et soutien à la croissance pour éviter de nouvelles dégradations.
Du côté des épargnants, la prudence domine : la prime de risque sur les actifs français pourrait légèrement augmenter, incitant certains investisseurs à regarder davantage vers les actions à dividende élevé et les obligations d’entreprises solides plutôt que la dette d’État.