Le français Alstom vient de remporter une part d’un milliard d’euros dans le projet Suburban Rail Loop, la future boucle ferroviaire de Melbourne. L’Alliance TransitLinX, consortium formé avec John Holland, KBR, WSP et RATP Dev, s’est vue attribuer l’ensemble du contrat par la Suburban Rail Loop Authority (SRLA) pour un montant total de 4,9 milliards d’euros (8,8 milliards de dollars australiens).
L’annonce, faite jeudi 19 décembre, intervient alors que le titre Alstom affiche une progression remarquable de près de 70% sur un an, cotant à 24,88 euros.
Cette commande australienne s’inscrit dans un contexte de redressement pour le groupe ferroviaire. Sorti du CAC 40 en mars 2024 après des années difficiles, Alstom a mené à bien son plan de désendettement et voit son carnet de commandes atteindre des sommets à 95 milliards d’euros.
Un projet d’envergure continentale
La Suburban Rail Loop représente le plus vaste chantier ferroviaire jamais lancé en Australie. Cette boucle orbitale de 90 kilomètres traversera les banlieues de Melbourne, reliant les principaux pôles d’emploi, d’enseignement et de santé de la métropole. La première phase, baptisée « SRL Est », couvrira 26 kilomètres et comprendra six stations souterraines. Les premiers trains devraient entrer en service à l’horizon 2035.
Le projet prévoit également la construction d’un site de maintenance dédié à Heatherton, en périphérie de Melbourne, où seront entretenus les rames durant toute leur exploitation.
Une technologie éprouvée made in France
Alstom fournira 13 rames Metropolis automatisées de quatre voitures, fonctionnant selon le niveau d’automatisation 4 (GOA4), soit sans conducteur. Ces trains seront assemblés sur le site d’Alstom à Dandenong, au sud-est de Melbourne. Le contrat inclut également la maintenance des rames pendant 15 ans, le déploiement du système de contrôle automatique des trains Urbalis (CBTC), les solutions de cybersécurité, les communications filaires et sans fil, ainsi que les portes palières des stations.
Cette technologie Metropolis n’est pas une inconnue en Australie. Sydney exploite depuis 2019 la première ligne de métro entièrement automatisée du pays, équipée de trains Alstom. Le succès de ce déploiement a manifestement pesé dans le choix des autorités victoriennes. « Ce contrat approfondit notre partenariat avec le gouvernement de Victoria », a déclaré Pascal Dupond, directeur général d’Alstom Australie et Nouvelle-Zélande.
Un signal positif pour les investisseurs
Cette commande tombe à point nommé pour rassurer les actionnaires d’Alstom. Le groupe affichait un bénéfice ajusté de 498 millions d’euros pour l’exercice clos en mars 2025, contre seulement 44 millions un an plus tôt. Les analystes voient d’un bon œil ce contrat australien qui renforce la visibilité commerciale du groupe et conforte sa position de leader mondial du ferroviaire.
Avec un carnet de commandes record et des perspectives de croissance organique de 3 à 5% par an, Alstom semble avoir tourné la page des années de doute. Le titre, qui végétait sous les 15 euros début 2024, a bondi de 69,58% sur douze mois, offrant un beau rattrapage aux investisseurs patients. Reste à confirmer cette dynamique dans les trimestres à venir.