Italie : l’État cherche à mettre le partenaire chinois de Pirelli sur la touche

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Sinochem détient environ 34 % du capital de Pirelli, ce qui représente une part importante du capital de l’équipementier milanais.

Par Le Revenu
Publié le 07/01/2026 à 16h38
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Italie : l’État cherche à mettre le partenaire chinois de Pirelli sur la touche
(© Pirelli)

Le gouvernement italien étudie actuellement plusieurs mesures destinées à limiter l’influence du groupe chinois Sinochem sur le fabricant de pneumatiques Pirelli, ont indiqué des sources proches du dossier. Cette initiative intervient alors que les pressions américaines s’intensifient pour restreindre la présence chinoise dans des secteurs industriels sensibles, comme l’automobile.

Sinochem détient environ 34 % du capital de Pirelli, ce qui représente une part importante du capital de l’équipementier milanais. Rome envisagerait notamment de faire de Sinochem un actionnaire passif, par exemple en gelant ses droits de vote, afin de réduire son rôle dans les décisions stratégiques de l’entreprise tout en préservant ses droits économiques.

Cette démarche s’inscrit dans un contexte où les États-Unis durcissent leurs restrictions sur la technologie chinoise intégrée dans les produits automobiles. Washington a récemment imposé des règles qui excluent certains matériels et logiciels chinois des véhicules circulant sur le marché américain. Or, environ un cinquième des revenus de Pirelli provient des États-Unis, ce qui rend cette affaire particulièrement sensible pour l’avenir commercial du groupe.

Objectifs et enjeux de la stratégie italienne

Selon des sources proches des négociations, plusieurs options sont à l’étude :

  • Réduire la participation de Sinochem dans Pirelli ou la convertir en rôle strictement économique ;
  • Limiter ou suspendre les droits de vote de l’actionnaire chinois via les règles de « golden power », des pouvoirs spéciaux permettant à l’État d’intervenir pour protéger des actifs stratégiques ;
  • Favoriser une réallocation des actions vers d’autres investisseurs européens ou italiens si les discussions avancent vers un accord.

L’objectif de Rome est de préserver l’accès de Pirelli au marché américain, tout en répondant aux inquiétudes des autorités américaines sur l’influence potentielle de l’État chinois via Sinochem, qui pourrait entraver la croissance et l’innovation du groupe dans des segments technologiques clés.

Pirelli et Sinochem n’ont pas immédiatement commenté cette information. Toute décision de réduction de participation ou de modification des droits d’actionnaire nécessiterait des négociations complexes et un calendrier incertain, mais le débat est désormais ouvert au cœur de la stratégie industrielle italienne pour 2026.

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