Depuis le début du mois de novembre, les taux des obligations françaises à 10 ans ont reculé de 3,20% à 3,04%. Mais il ne faut pas s’y tromper. Ce mouvement de repli est la conséquence d’une baisse généralisée des taux et non d’une confiance accrue envers la situation de la France.
Un autre indicateur, bien plus pertinent celui-là, en apporte la preuve. Les experts ont plutôt coutume de s’attarder sur ce qu’on appelle le spread entre l’OAT à 10 ans (l’obligation française) et le Bund à même échéance (l’obligation allemande).
Au niveau de la Grèce
Les taux allemand ayant reculé encore plus vite que ceux de la France, l’écart s’est creusé récemment. De 60 points de base (soit 0,6 point de pourcentage) en début de mois, il est passé à 88 points de base hier. Du jamais vu depuis 2012. La raison en est simple. La situation budgétaire du pays incite les investisseurs à accroître leur exigence de rendement pour prêter à l’État.
Pour preuve, les marchés réclament aujourd’hui à la France un taux de 3,05% environ sur 10 ans, soit des conditions équivalentes à celles posées à la Grèce. À titre de comparaison, les taux espagnols et portugais se limitent à respectivement 2,92% et 2,70%.
Un impact sur le marché immobilier ?
La situation pourrait même continuer à se dégrader en cas de censure du gouvernement, phénomène qui serait vu comme la preuve d’une incapacité en mettre en place des mesures d’économie.
Rappelons enfin que les tensions sur les taux souverains ne seront pas sans conséquences. En alourdissant le coût de l’emprunt, elles réduiront mécaniquement les marges de manœuvre budgétaires de l’État. Les OAT servant aussi de référence pour les emprunts immobiliers, ces tensions pourraient en parallèle contrarier la baisse des taux immobiliers amorcée depuis cet hiver et peser sur un marché déjà à la peine.