SCAF : nouveau report allemand, les industriels français dans le flou

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Nouveau coup de frein sur le SCAF. Berlin repousse sa décision sur ce programme d'avion de combat partagé avec Paris et Madrid. Les valeurs de la défense française observent cette valse-hésitation.

Par Le Revenu
Publié le 31/12/2025 à 18h23
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SCAF : nouveau report allemand, les industriels français dans le flou
(©AdobeStock)

Le projet SCAF (Système de Combat Aérien du Futur) connaît un énième rebondissement. Le gouvernement allemand vient d’annoncer le report de sa décision concernant la poursuite de ce programme pharaonique estimé à 100 milliards d’euros. Aucune nouvelle échéance n’a été communiquée mercredi 30 décembre.

Berlin invoque un « agenda franco-allemand chargé en matière de politique étrangère et de sécurité ». Cette justification diplomatique masque mal les tensions persistantes entre industriels français et allemands sur la gouvernance du projet. Lancé en 2017, le SCAF devait remplacer les Rafale et Eurofighter d’ici 2040. Les délais semblent désormais compromis.

Un bras de fer industriel qui s’enlise

Les dissensions entre Dassault Aviation, maître d’œuvre français, et Airbus Defence prolongent l’incertitude. Le puissant syndicat allemand IG Metall est même monté au créneau début décembre pour réclamer l’exclusion de Dassault du projet. Une sortie fracassante qui témoigne de l’ampleur des désaccords.

Les reproches fusent des deux côtés. Selon un sénateur français, Dassault déplore qu’Airbus n’ait pas réussi à réaliser des sous-ensembles techniques promis. Côté allemand, on dénonce une volonté hégémonique de l’avionneur tricolore. Cette guerre de tranchées industrielle bloque toute avancée concrète depuis des mois.

L’Espagne et la France tentent de relancer les discussions bilatérales, mais l’Allemagne reste silencieuse. Ce mutisme inquiète à Paris, où certains observateurs craignent un basculement allemand vers le GCAP, programme concurrent mené par le Royaume-Uni, l’Italie et le Japon.

Quelles conséquences pour les valeurs de la défense ?

Ce nouveau report interroge les investisseurs positionnés sur les valeurs françaises de la défense. Dassault Aviation, Safran et Thales misaient sur ce contrat stratégique pour sécuriser leur carnet de commandes à long terme. L’incertitude pèse sur leurs perspectives de croissance dans l’aéronautique militaire.

Le contexte géopolitique plaide pourtant en faveur d’un réarmement européen accéléré. La menace russe et les tensions internationales justifient des investissements massifs dans la défense. Mais les querelles franco-allemandes empêchent l’Europe de consolider son autonomie stratégique.

Les marchés financiers surveillent de près l’évolution du dossier. Un abandon définitif du SCAF par l’Allemagne fragiliserait la position de Dassault, déjà confrontée à une concurrence féroce sur les marchés export. À l’inverse, un déblocage rapide des négociations pourrait propulser les titres du secteur. L’année 2026 s’annonce décisive pour ce programme à bout de souffle.

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