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Lacroix : plus de peur que de mal !

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Le spécialiste des équipements électroniques pour l’industrie et l’environnement s’apprête à tirer un trait sur sa douloureuse aventure américaine sans trop de dégâts pour se recentrer sur les marchés les plus porteurs. Malgré un rebond de plus de 50% en deux jours, l’action reste très décotée.

Par Bruno Kus
Publié le 02/10/2025 à 15h36

L’horizon s’éclaircit pour Lacroix. L’entreprise familiale spécialisée dans les équipements électroniques pour les secteurs de l’automobile, de l’aéronautique et du bâtiment, ainsi que pour la gestion des réseaux d’eau et d’énergie et l’éclairage public devrait finaliser sa sortie des activités électroniques aux États-Unis d’ici la fin de l’année.

Confrontées aux difficultés du secteur automobile et à l’instabilité provoquée par les tarifs douaniers, elles ont encore perdu près de 30 millions d’euros sur le premier semestre, maintenant les comptes du groupe dans le rouge à hauteur de 19,6 millions d’euros.

Le prix de cession devrait toutefois financer une bonne partie des coûts de restructurations et limiter la sortie de cash, ce qui devrait permettre à Lacroix de se focaliser sur ses activités les plus porteuses.

Cette perspective a été saluée par un violent rebond de plus de 50% de l’action en deux jours. Les activités poursuivies ont pourtant vu leurs ventes fléchir de 11,9% sur le premier semestre en raison de l’abandon volontaire de contrats à faible marge et d’un contexte difficile sur la partie électronique, notamment dans l’automobile.

Le pôle environnement qui regroupe la gestion de l’eau, des systèmes de ventilation et de climatisation, des réseaux électriques intelligents et de l’éclairage public, continue en revanche d’avoir le vent en poupe (+9%).

La marge opérationnelle courante s’est effritée de 1 point pour revenir à 4,7%, tandis que le bénéfice des activités conservées est resté positif à hauteur de 8,4 millions d’euros.

Reprise du dividende en vue

Sur l’ensemble de l’exercice, la direction estime que le nouveau périmètre devrait limiter la baisse de son chiffre d’affaires à 4%, la partie électronique pour l’industrie devant bénéficier d’une base de comparaison plus favorable. Quant à la marge d’excédent brut d’exploitation, elle ressortirait à environ 7,5%.

Désormais restructuré, Lacroix entend poursuivre le recentrage de son pôle électronique sur l’aéronautique et le bâtiment, tandis que les activités dédiées à l’environnement chercheront à élargir leur présence à l’international et à digitaliser leur offre.

L’objectif est de hisser le chiffre d’affaires entre 475 et 500 millions et la marge d’excédent brut d’exploitation à plus de 8% à l’horizon 2017.

La bonne nouvelle est que le groupe a été capable de dégager un cash-flow libre positif de 12 millions au premier semestre, ce qui lui permet de préserver son bilan caractérisé par un endettement net de 100,8 millions d’euros équivalent à 88% des fonds propres.

Le groupe pourrait ainsi renouer avec le dividende au titre des résultats de l’exercice 2026 estimés à 11 millions d’euros par la société de bourse Portzamparc. Sur cette base, le multiple de capitalisation ne serait que de 5,5 fois, sachant que malgré le récent rebond, le titre décote encore de 47% sur les fonds propres.

Chiffres clés et ratios boursiers


  • On attendra un repli vers 11,50 euros pour se positionner sur Lacroix à titre spéculatif pour jouer la recovery avec un objectif de 14 euros.
  • Codes : FR00000666607 et LACR.
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