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Manitou : faible visibilité à court terme  

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Le fabricant d’engins de manutention souffre d’une conjoncture difficile, en particulier aux États-Unis où il subit les effets des droits de douane. Son chiffre d’affaires et sa marge opérationnelle courante vont baisser sur l’ensemble de l’exercice. Le titre n’est pas cher en Bourse, mais il nous paraît prématuré de se positionner.

Par Olivier Dauzat
Publié le 10/11/2025 à 17h35

L’activité reste difficile pour le fabricant d’engins de manutention. Son chiffre d’affaires a reculé de 4% au troisième trimestre, à 568 millions d’euros (-2% en données comparables). Sur les neuf premiers mois de l’exercice, il a baissé de 7,9% à 1,84 milliard d’euros (-7% en données comparables).

L’industriel pâtit toujours du durcissement du cadre commercial entre les États-Unis et l’Union européenne, avec la hausse des droits de douane. La baisse de l’activité est concentrée sur la zone Amérique du Nord, affectée également par un environnement économique moins porteur et des effets de change défavorables.

L’industriel estime néanmoins que sa baisse d’activité est moins importante que celle de son marché et qu’il gagne donc des parts de marché.

Pour atténuer l’effet des droits de douane, le groupe travaille sur ses approvisionnements pour ses sites américains, en favorisant des fournisseurs locaux.

L’industriel se félicite néanmoins de prises de commandes au troisième trimestre supérieures à celles du troisième trimestre 2024. La dynamique est qualifiée de “bonne” en Europe.

Le carnet de commandes global se situe à un peu plus de 1 milliard d’euros et représente environ 6 mois d’activité, un horizon assez satisfaisant dans le contexte actuel. Il tend cependant à s’éroder depuis le début de l’année (il s’élevait à 1,17 milliard au premier trimestre).

L’action délaissée

Les dirigeants s’attendent pour 2025 à un chiffre d’affaires en recul de l’ordre de 4% et à un taux de marge opérationnelle courante de 5,3% (7,5% en 2024 et 7,4% en 2023).

Les ambitions du groupe impliquent un rebond de l’activité au quatrième trimestre, qui paraît bien aléatoire.

Le titre gagne encore 5% depuis le début de l’année, mais perd encore 13% en six mois. Il cote à la moitié de son plus-haut sur un an à 24,1 euros le 5 mars 2025.

Il se traite sur la base d’une valeur d’entreprise (capitalisation plus dette nette) représentant 4,7 fois le résultat opérationnel attendu pour l’exercice en cours. Un multiple modéré, mais il n’y a pas d’urgence à se positionner sur le dossier, compte tenu du manque de visibilité.


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