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Médias : des valorisations et des rendements attractifs

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M6, NRJ Group et TF1, malgré un marché publicitaire tendu, affichent de bons rendements et des valorisations réalistes.

Par Bruno Kus
Publié le 21/11/2025 à 17h14

Face à la déferlante des plateformes numériques (Netflix, Amazon Prime Video, Disney+), les acteurs traditionnels des médias ont dû s’adapter. Ils ont développé leurs propres services de vidéo à la demande pour tenter de capter la publicité partie sur les supports digitaux et mis en place des systèmes d’abonnement payants à contenu exclusifs.

Les activités de radio résistent mieux, grâce à un modèle économique moins coûteux, à leur adaptabilité numérique et à l’accès à la publicité locale.

Le secteur reste malgré tout cyclique et dépendant de l’état de la conjoncture et du pouvoir d’achat des ménages. En France, le marché publicitaire, tous médias confondus a progressé de 4,3 % au premier semestre, mais la fin de l’année s’annonce plus difficile. Les valorisations des groupes en tiennent cependant compte et le secteur offre de bons rendements.


ACHETEZ. La filiale de RTL Group est parvenue à stabiliser son chiffre d’affaires publicitaire au troisième trimestre, grâce à une amélioration des parts d’audience auprès des cibles commerciales et au succès de son offre streaming, dont les facturations ont progressé de 25 % pour représenter 11,5 % du chiffre d’affaires total du pôle vidéo. L’objectif est d’atteindre un chiffre d’affaires streaming supérieur à 200 millions d’euros et un milliard d’heures visionnées sur la plateforme M6+ en 2028. En attendant, la direction s’attend à un recul du marché publicitaire au dernier trimestre et le résultat sera touché par la surtaxe exceptionnelle. Malgré tout, le groupe reste le plus rentable de son secteur, avec une marge opérationnelle de plus de 16 %. Le titre capitalise à peine 10 fois les profits attendus cette année, alors que la trésorerie nette de 250 millions d’euros au bilan couvre 16 % de la capitalisation boursière. Bien qu’en baisse, le dividende prévisionnel devrait encore assurer un rendement d’au moins 9 %.


ACHETEZ. Le groupe dirigé et contrôle par Jean-Paul Baudecroux vient de se recentrer sur la radio et la diffusion, après avoir été contraint par l’Arcom d’arrêter sa chaîne NRJ 12 en mars, puis cédé sa chaîne Chérie 25 au groupe CMA CGM en septembre. Le chiffre d’affaires des activités conservées s’est légèrement érodé sur les 9 premiers mois de l’année (-1,9 %, à 244,1 millions d’euros), en raison d’un marché publicitaire tendu, la diffusion résistant mieux que la radio. Comme ses concurrents, NRJ Group fait preuve de prudence pour la fin de l’année, avec une activité plus compliquée pour le pôle radio, mais l’intérêt du dossier est ailleurs. Le groupe a, en effet, indiqué que la cession de Chérie 25 aura un impact positif de 60 millions d’euros sur le résultat de l’année 2025, ce qui devrait porter la trésorerie nette à plus de 400 millions d’euros, soit les deux tiers de la capitalisation boursière. Le groupe est par ailleurs propriétaires d’actifs immobiliers prestigieux à Paris. Un éventuel change ment de contrôle permettrait sans doute de doubler la valorisation.


ACHETEZ. La filiale du groupe Bouygues a stabilisé son chiffre d’affaires sur les 9 premiers mois de l’année, à 1,59 milliard d’euros, malgré une baisse de 2,2 % de son chiffre d’affaires publicitaire liée à une base de comparaison élevée en 2024 (diffusion de l’Euro de football et effet jeux Olympiques). Les activités de production (Studio TF1) conservent, eux, une bonne dynamique. Au vu de l’instabilité politique en France, l’objectif de marge opérationnelle pour 2025 a été ajusté à la baisse (entre 10,5 % et 11,5 %, contre 12,6 % en 2024). Le résultat de 2025 supportera la surtaxe exceptionnelle sur les bénéfices des grands groupes. Néanmoins, TF1 montre une bonne capacité d’adaptation à son environnement avec sa première chaîne qui conserve des audiences élevées et la nouvelle plateforme de streaming TF1+ qui monte en puissance, avec un chiffre d’affaires publicitaire en hausse de 40,5 % sur les 9 premiers mois de l’année. La trésorerie au bilan de 465 millions d’euros représente 28 % de la capitalisation boursière et sécurise un rendement de 8 %

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