Dans un contexte mondial perturbé pour les vins et spiritueux, le chiffre d’affaires semestriel de TFF recule de 24,7%, à 180,9 M€. Le groupe subit à la fois la faiblesse des vendanges, l’impact des droits de douane américains sur le pôle vin et une demande en berne sur les marchés du Bourbon et du whisky.
Le management assume une posture clairement défensive, en parlant de « niveaux d’activité particulièrement défavorables » et en prévenant que l’exercice devrait se solder par un chiffre d’affaires annuel en baisse de 20 à 25%, selon l’évolution de la devise américaine.
Marges encore solides, grâce aux ajustements
Malgré la violente contraction des volumes, l’EBITDA ressort à 35,2 M€ et représente 19,5% du chiffre d’affaires, contre 20,9% un an plus tôt. Cette résistance traduit la réactivité des équipes : ajustements d’effectifs, mise en sommeil d’une partie des capacités de production, pilier central de la stratégie défensive actuelle.
Le résultat opérationnel courant recule en revanche plus nettement, à 24,7 M€ (13,7% de marge, -39%), pénalisé par 9,5 M€ d’amortissements liés aux investissements lourds réalisés jusqu’à la fin de 2024‑2025 sur le marché du Bourbon. Le groupe maintient donc une rentabilité honorable, mais au prix d’un environnement très contraint qui ne laisse pour l’instant entrevoir aucun rebond rapide de l’activité.
Bilan maîtrisé, priorité au désendettement
La gestion du bilan reste un point fort : les stocks entament un mouvement de décrue, à 429 M€ contre 451,6 M€, pour se réaligner sur les niveaux d’activité et limiter les risques de surstockage. La dette nette recule à 301 M€, soit 13 M€ de moins qu’au 30 avril 2025, et représente 58,2% des capitaux propres.
Dans le même temps, la trésorerie disponible progresse à 96,7 M€, aidée par un coût de la dette en baisse et un effet de change beaucoup moins défavorable qu’un an plus tôt. La direction met en avant la vigilance et la rigueur de gestion, avec trois priorités explicites pour l’exercice : pilotage des charges opérationnelles, adaptation des stocks de matières premières et poursuite du désendettement.
Faut-il acheter, conserver ou vendre tff ?
Face à un marché des vins et spiritueux sans signe de reprise visible et à un chiffre d’affaires attendu en baisse de 20 à 25% sur l’exercice, TFF reste avant tout un dossier de qualité confronté à une mauvaise phase de cycle. Le groupe garde une marge opérationnelle annoncée au‑dessus de 10%, un outil industriel récent et une structure financière encore maîtrisée, mais la visibilité à court terme demeure limitée.
Dans ces conditions, l’action TFF apparaît davantage comme une valeur à conserver qu’à renforcer immédiatement, dans l’attente d’un retournement plus clair de la demande sur ses principaux marchés.
Une hypothèse de cours raisonnable à moyen terme se situerait dans une zone de rebond de l’ordre de 15 à 20% par rapport au niveau actuel, à mesure que la baisse des stocks et le désendettement produiront pleinement leurs effets, sous réserve d’au moins une stabilisation des volumes sur les pôles vin et alcools.