Dans un environnement économique instable, le modèle économique de Veolia fait preuve d’une belle résilience. En phase avec la tendance du premier semestre, L’activité du spécialiste des services à l’environnement affiche une progression de 3,2% sur neuf mois à périmètre et taux de changes constants, hors variations des prix de l’énergie. Une dynamique surtout portée par les segments de l’eau et de l’énergie, ainsi que par l’international où le groupe dirigé par Estelle Brachlianoff réalise 80% de son chiffre d’affaires, avec une mention particulière pour l’Amérique Latine (+10,2%), l’Afrique-Moyen-Orient (+6,7%) ou encore l’Amérique du Nord (+3,8%). A l’inverse, le segment énergie a souffert de la baisse du prix de l’électricité.
Si les volumes sont restés bien orientés dans l’eau et les travaux, Veolia a aussi bénéficié d’un effet prix positif lié aux révisions tarifaires résultant des clauses d’indexation dans de nombreux contrats. C’est l’un des grands avantages du modèle développé par le groupe. Parallèlement, Veolia a poursuivi son programme d’efficacité (350 millions d’euros d’économies de coûts) et la mise en œuvre des synergies dans le cadre du rachat de Suez. Ces synergies cumulées depuis la réalisation de l’opération atteignent déjà 508 millions et la direction confirme que l’objectif de 530 millions sera bien atteint à la fin de cette année.
Un rendement prévisionnel de 5%
Cela explique pourquoi l’excédent brut d’exploitation progresse de 5,5% à périmètres et taux de changes constants sur 9 mois, soit plus que le chiffre d’affaires. Au regard de la visibilité sur les contrats, Veolia est ainsi en mesure de valider la feuille de route pour 2025 visant une croissance organique solide du chiffre d’affaires, une croissance organique de l’excédent brut d’exploitation comprise entre 5% et 6% et une hausse de l’ordre de 9% du bénéfice net.
Les perspectives du plan GreenUp 2024-2027 (plus de 8 milliards d’euros d’excédent brut d’exploitation en 2027) ont également été confirmées. Voilà qui semble sécuriser la politique de distribution du groupe, consistant à faire progresser le dividende en ligne avec le résultat net courant par action. Après avoir atteint 1,40 euro par action cette année, le dividende au titre de 2025 pour s’établir autour de 1,50 euros, selon le consensus Factset, soit un rendement potentiel légèrement supérieur à 5%. Le dossier reste par ailleurs modérément valorisé avec une valeur d’entreprise équivalente à 7,1 fois l’excédent brut d’exploitation estimé pour cette année.
Le seul point de vigilance concerne la dette qui a augmenté avec les 2,3 milliards d’euros d’investissements réalisés sur les 9 premiers mois de l’année dans les technologies de l’eau et les déchets dangereux. L’endettement net à fin septembre atteint ainsi 19,9 milliards d’euros mais il devrait représenter moins de 3 fois l’excédent brut d’exploitation à la fin de l’année, ce qui n’empêche pas le fait que l’action Veolia est assez sensible à l’évolution des taux d’intérêts.
Notre conseil : achetez Veolia à 29 euros pour viser un premier objectif de 33 euros à un horizon de 18 mois. Codes : FR0000124141 et VIE.